La Bouquinerie

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Vient de paraître septembre 2017

Henri Siranyan
Contes et légendes d'Arménie
Les anciennes croyances arméniennes

Henri Siranyan, auteur des Flâneries arméniennes en Drôme-Ardèche, nous livre ici l’antique pantéon arménien et un florilège de contes issus des légendes recueillis dans la mémoire collective de ce pays.
S’il est un pays où la tradition et la légende s’imbriquent avec le temps, c’est bien l’Arménie. L’histoire se conte ainsi, en cette terre de légendes, et fait obstacle à la tirade maintes fois entendues : « Point n’est besoin de remonter au déluge pour raconter… ». Car en ce domaine, il est impossible
de faire autrement. En effet tout commence avec notre ancêtre Noé, qui au sommet du mont Ararat, s’écria : « Je vois la terre ! », et plantant la vigne, le patriarche immortalisera le pays que les historiens appelleront Arménie. Les ménestrels l’ont chantée en glorifiant cette terre de Naïri, et les soirs, dans les chaumières, le visiteur écoutait les troubadours chantant l’envol de l’oiseau
migrateur, par une ode à la grue, à la lueur des bougies... C’est dans ce monde où la légende s’imbrique dans le vrai et où la tradition forge l’histoire, ce lieu de la terre où domine l’Ararat et où coule l’Araxe, que l’histoire s’est inscrite dans les mémoires.


LE PAGANISME SOURCE DE LEGENDES, LES POEMES EPIQUES, LE DEV,
ARCHAG LE MALICIEUX, AZAD ET LA FAUCHEUSE, ACHOD, L’ANE ET LE
DIABLE, HOVHANNES ET TAMERLAN, HOVIG LE MALICIEUX, LA BELLE
THAMAR, LE LUTIN DE DILIDJAN, NAZAR LE BRAVE, SARO ET LA CHEVRE,
SEMBAT LE VAILLANT, SOUREN ET ANAHID, VAHAN LE LOUP, VANIG ET LA
GRENOUILLE...

dauphiné dimanche 22 octobre 2017

PREFACE

Pendant trente ans, Henri Siranyan a enseigné le droit à l'IUT de Valence, au Lycée professionnel Amblard et a été conseiller de l'enseignement technologique, ce qui lui a valu d'être élevé, outre la Légion d'Honneur, au rang prestigieux de commandeur des Palmes académiques.
Chaque semaine, il tient une chronique aux couleurs de l'Arménie dans le journal local le Dauphiné Libéré, car il n'a rien renié de ses racines arméniennes. Toute son enfance il l'a passée rue Bouffier à Valence, une petite colonie de la diaspora arménienne. Son père qui travaillait dans la ville, lorsqu'il regagnait son foyer, le soir, ne manquait jamais de dire : " Je quitte la France, je rentre en Arménie. " Chez les Siranyan on ne parlait arménien qu'avec la grand-mère, aussi Henri a dû se réapproprier tout seul la langue et l'écriture de ses ancêtres. Les Contes et Légendes de l'Ar-ménie qui ont bercé son enfance font naturellement partie de ses racines.
Comme souvent dans ces récits qui commencent par " il y a bien longtemps ", variante du " Il était une fois " français, djinns, dragons, loups et belle Princesse ont la part belle, avec toujours le Diable (Dev) et la Mort ( Krogh) en embuscade.
Le bûcheron Azod qui roule dans la farine la Mort en acceptant d'être " inscrit " par elle sur sa liste des condamnés seulement quand il pourra manger une banane du Zanguézour, c'est-à-dire à la Saint-Glinglin car il ne pousse pas de bananiers dans le Zanguézour, n'est pas sans évoquer le bûcheron de La Fontaine " sous le faix du fagot aussi bien que des ans/ gémissant et courbé… " qui lui aussi craint la mort.
Le pont qu'Achod réussit à faire construire au diable en lui livrant un âne est une légende que l'on retrouve avec des variantes animales dans des dizaines de pays. On me l'a souvent contée dans mon enfance, où le Diable dans le Jura a construit un pont dans un lieu si escarpé qu'aucun pont ne pouvait y être construit sauf par son truchement. En guise de payement celui-ci exige des paysans tout ce qui poussera sur leurs champs et, malins, ils plantent des betteraves ; puis, il exige tout ce qui poussera dans la terre de leur champs et, ils plantent du blé. Finalement, comme dans le cas d'Achod, le Diable exige d'emporter le premier qui traversera le pont et les paysans ne lui lancent pas un âne mais un chat noir, créature du diable La langue arménienne est d'origine indo-européenne et les légendes arméniennes font partie du folklore indoeuropéen : les contes de Grimm, Perrault, Andersen, tout comme ceux d'Henri Siranyan ont des racines communes.
Quoiqu'il arrive dans les contes et légendes d'Henri Siranyan, le Diable et les méchants sont toujours vaincus, même le puissant et horrible Tamerlan trompé par les colombes divines d'un moine pieux.
De même, les Arméniens lorsqu'ils livrent un combat épique contre leurs oppresseurs, à dix contre cent, l'emportent toujours. Je leur préfère cependant la toute petite et mignonne grenouille qui ne se veut pas plus grosse que le bœuf et que Vanig le malin sauve du méchant sort qui l'a réduite à l'état de batracien .
Il y a quelques années, l'éditeur Nathan publiait une série de Contes et Légendes du monde . Les récits alertes d'Henri Siranyan y auraient eu toute leur place, et comme le disait La Fontaine en parlant des contes de Perrault, à les lire " vous trouverez un plaisir extrême ".
Jacques Delatour,
agrégé de l'Université,
inspecteur d'académie honoraire.

 

INTRODUCTION
L'Arménie est une terre de légende. Depuis des temps immémoriaux les bardes l'ont narrée, les trouvères l'ont chantée et les trou-badours l'ont mise en musique.
L'été, dans un décor ruisselant de lumière et l'hiver par la rudesse de ses collines les conteurs se sont succédés au fil du temps. Et il n'est pas rare encore aujourd'hui d'en-tendre dans une rustique demeure, le patri-ar-che évoquer l'ancien troubadour qui chan-tait la fable du rossignol à la lueur d'une veilleuse.
Pendant les soirées d'hiver, les grands tra-vaux des champs terminés, autrefois les paysans s'assemblaient chez l'un d'eux, à tour de rôle, et le conteur commençait son histoire, en jurant ses grands Dieux, qu'elle était véridique. Il ne commençait jamais par la célèbre introduction : " Il était une fois… ", mais par : " Il y a longtemps, longtemps… "
Chaque histoire était assortie d'une mo-rale, à son terme, que le conteur, bien sou-vent, avait lui-même élaborée. Allongé sur son divan oriental aux reflets colorés, le patriarche hochait la tête, signifiant à ses invités que lui-même avait compris la haute signification des exhortations qui ponc-tuaient le récit final.
Ces récits, je les ai entendus maintes fois à chacun de mes voyages, dans ce pays où le vaste domaine des chants et des contes s'est rassemblé au cours des siècles, depuis la très haute antiquité. J'en ai parcouru la dimen-sion pour mieux connaître, voire recon-naître, à l'accent alterné des deux langues qui furent miennes dès l'enfance, tout ce qui en a fait la distante beauté, de génération en génération, malgré les invasions, la barbarie, les déportations et le génocide.
Sérieuse, trop sérieuse Arménie, clame le poète, à l'image même de son peuple, dans sa puissance poétique où la rhétorique enva-hissante parfois, et les discours aux tonalités solennelles alternent avec la com-plainte anonyme de l'exilé invoquant l'oiseau migra-teur, ou bien la prière lentement balbutiée du moine en son église millénaire.
L'histoire de ce pays se conte ainsi en cette terre de légende, avec bien souvent un fond de vérité, depuis Noé amarrant sa nef au sommet du mont Ararat, jusqu'à Thamar la belle du lac de Van, ou encore l'ermite Hov-hannès du monastère des Colombes.
LES ANCIENNES
CROYANCES
ARMÉNIENNES
LE PAGANISME SOURCE
DE LEGENDES
Comme dans beaucoup de pays les an-ciennes croyances arméniennes sont issues du paganisme.
C'est ainsi que la Perse zoroastrienne a influencé en Arménie, les récits épiques, che-valeresques ou mythologiques qui ont constitué la source même des contes et des légendes.
Très souvent les ménestrels qui les chan-taient ont été inspirés par les cultes du feu, du soleil, de la lune, avec le principe du bien et du mal issu du mazdéisme.
Les forêts, les profondes vallées où rugissaient les bêtes féroces ont forcé l'ima-gination des trouvères qui contaient leurs récits dans les chaumières. Il est vrai que dans un pays où bouillonnaient les fleuves, les torrents et les cascades, où s'étendaient les lacs et où se dressaient des volcans en activité, cette imagination a pu être fertile face aux bouleversements de cette nature et a influencé les perceptions surna-turelles des conteurs.
Avédis Aharonian mentionne dans son sujet de thèse pour l'obtention du grade de Docteur ès-lettres, en 1913, à l'Université de Lausanne, l'Arménien primitif, sans défense devant les forces terribles de la nature, pleure comme un enfant et s'agenouille, en priant, devant les phénomènes naturels : le soleil, l'eau, les forêts, les montagnes crac-hant le feu, autant de divinités vivantes pour cet homme simple. Il sourit aux cieux clairs, aux astres brillants ; il tremble devant l'obs-curité qu'ils croient hantée par les esprits ; la tempête l'effraie et pense que le " dev " (démon) lui-même lance la foudre ". C'est ainsi qu'il entretiendra le feu, source de lumière pour chasser les esprits malfai-sants. C'est également ainsi que la croyance popu-laire va engendrer des divinités bien-faitrices tels que Aramazd, la divinité suprê-me, créateur du ciel et de la terre, dispensa-teur de l'abondance et de la fertilité, le père de tous les dieux, Vahagn, qui est à la fois l'Hercule et l'Apollon arménien, doué d'une force et d'un courage surnaturels. Agathan-ge, le secrétaire du roi Tiridate, dans son " Histoire " l'appelle le destructeur des dra-gons et le vaillant qui inspire du courage.
Des déesses, également vont figurer dans ce panthéon. Anahit sera celle la plus renom-mée et la plus aimée en Arménie. Fille du grand et puissant Aramazd, elle sera consi-dérée comme la gloire et la vie de la nation arménienne, la mère de toute sagesse, la bienfaitrice du genre humain et couvre de sa protection le peuple entier. Astghik (petite étoile) est assimilée à la déesse de l'amour, en quelque sorte, la Vénus armé-nienne, elle est la femme de Vahagn.
Par opposition à ces dieux, les devs (dé-mons) vont incarner les forces du mal, la croyance populaire fera des ténèbres, leur royaume. Ayant pour mission de tout détrui-re, de tout anéantir, ils seront combattus par les auteurs de contes qui les ridiculiseront quelquefois, tels Archag le malicieux qui berna le diablotin, ou encore Achod, qui au lieu de donner son âme au diable lui offrira un âne.

 

AZAD ET LA FAUCHEUSE
Il y avait autrefois dans les montagnes du Zanguézour, un bûcheron nommé Azad. Veuf et sans enfant il vaquait à sa besogne quotidienne, en craignant la mort qu'il appréhendait, étant donné son âge avancé.
Un soir d'hiver, la Faucheuse fit son apparition dans sa demeure et lui dit : " Azad ! C'est l'heure, tu dois me suivre, je t'ai inscrit sur la liste de ceux qui doivent partir ". A cette époque la Faucheuse en Ar-mé-nie, était appelée " Krogh ", ce qui peut se traduire par " celui qui inscrit ". D'ailleurs cette expression a traversé les siècles puis-que longtemps après, la mère de famille devant les turpitudes répétées de son bam-bin lui lançait quelque fois : " Kroghe dani " c'est-à-dire : " Que celui qui écrit t'emporte " et qui peut se traduire de façon plus nu-ancée par : " Va au diable ".
Donc Azad fut épouvanté, en entendant le rituel du grand départ et surtout d'avoir à quitter ce monde, malgré son grand âge, alors que sa santé, pensait-il, lui permettait encore de vivre de nombreuses années. Il implora, supplia, mais rien n'y fit, la Fau-cheuse restait intransigeante. Devant les suppliques d'Azad, elle ne cessait de répé-ter : " Celui qui est inscrit doit partir! ". Alors le vieux bûcheron eut une idée, et s'adressant à celle qui voulait l'emporter coûte que coûte, il lui dit :
- Tout condamné à mort a droit à un der-nier vœu, je vous demande d'exhausser le mien.
- Soit ! Quel est ton vœu, Azad ?
-Je de l'abricotier qui est dans mon jardin .
- Mais nous sommes en hiver, l'abricot ne mûrit qu'en été.
- Mais qu'à cela ne tienne, j'attendrai, Répondit Azad, content de sa trouvaille.
- Soit ! répondit la Faucheuse en ajoutant : Je viendrai te chercher fin juillet de l'an prochain, mange tous les abricots que tu voudras d'ici là, mais soit prêt ! Et elle disparut en un clin d'œil par la cheminée.
Azad se frottant les mains et content de son stratagème, reprit ses occupations habi-tuelles en oubliant même l'échéance fatidi-que à laquelle il était soumis.
Hélas, la fin juillet arriva bien vite, et un soir, la Faucheuse réapparu dans la cheminée, en disant : " Prépare-toi Azad, c'est l'heure, tu es inscrit ".
Alors devant l'intransigeance de celle qui devait l'emmener, il dit : " Noble Faucheuse, la tradition veut que l'on offre à boire à tout condamné à mort ".
- C'est bon ! Que veux-tu ?
- Je voudrais boire une dernière fois cette belle eau pure et claire qui nous vient des sources de l'Ararat.
- Mais nous sommes en été, les sources de l'Ararat sont taries, il faut attendre l'hiver pour que ces sources jaillissent de nouveau.
- Mais qu'à cela ne tienne, répondit Azad, j'attendrai !
Dépitée, la Faucheuse dit : " Soit, je vien-drai te chercher l'hiver prochain, mais cette fois-ci, tiens-toi prêt ". Et elle disparut par la cheminée.
Content de lui, Azad pensa que d'ici l'hiver bien des choses pourraient changer, et il reprit ses occupations habituelles. Ce-pen-dant l'hiver arriva bien vite et la Fau-cheuse réapparu en intimant Azad de la suivre. Ce dernier, après ses vaines suppli-ques, se préparait à la suivre, se morfondant en pensant à tout le travail qu'il lui restait à faire. Soudain une folle idée germa dans sa tête : " Noble Faucheuse, je vous demande d'exhausser un dernier vœu. "
- Peux-tu me jurer que ce sera le dernier.
- Je vous le jure.
- Soit ! Quel est-il ?
- Je voudrais manger une dernière fois, l'une de ces belles bananes de notre Zan-guézour.
- Mais le Zanguézour ne produit pas de ba-na-nes !
-Cela ne fait rien, j'attendrai qu'il y en ait.
Furieuse d'avoir été ainsi bernée, la Faucheuse disparut à tout jamais de la vie d'Azad, qui vécut des années, des années et des années encore.
Alors si d'aventure, vos pas vous condui-sent jusque dans les gorges du Zanguézour, vous entendrez srement le vent relayer les cris d'un bicentenaire à travers la mon-tagne : " Noble Fauûcheuse, venez me cher-cher, la vieillesse a fait de moi un pauvre hère qui en a assez de vivre. "
Certains villageois disent même avoir vu Azad, essayer de planter un bananier dans son jardin.

 

Note de l'éditeur :
Mon ami Henri Siranyan nous a quittés le 8 janvier 2017.
Je travaillais avec lui depuis de nombreux mois pour préparer la sortie des nouvelles flâneries en Drôme Ardèche parues en mars 2017 et des: " Contes et légendes d'Arménie, les anciennes croyances arméniennes " qui sortira en septembre 2017

 

Contes et légendes d'Arménie
Les anciennes croyances arméniennes

avec des illustrations de Valérie Siranyan, sa fille.

 

 

pour commander le livre
envoyez un chèque de 15 euros franco à nos éditions avec votre adresse précise. Offre valable jusqu'au 30 septembre 2017.
Après cette date 15 euros +7 euros de frais de port = 22 euros

 

expédition à réception du règlement

Editions et Régions. La Bouquinerie - 77 avenue des Baumes - 26000 Valence - France

ci dessous, les 2 autres livres d'Henri Siranyan parus à nos éditions

Note : le premier livre d'Henri siranyan est toujours disponible :

250 pages. 18 euros
cliquez ici pour plus de renseignements


Note : un autre livre d'Henri Siranyan est en préparation et sortira dans quelques temps (juin au septembre 2017) :



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