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En préparation, sortie imminente.
Nous vous proposons 2 couvertures ! Une seule sortira, ce sera la surprise !
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CAROLINE PESCH
Meurtre à Beauvallon
La chance du débutant


Ce 2 juin 2017, Lili Klême ferait bien deux choses : changer de métier et se changer les idées. Et puis aller à la barule, inutile de le préciser ! Justement, Etoile-sur-Rhône s'apprête à célébrer son fameux carnaval et voilà qu'on la sollicite, à Beauvallon, pour une enquête privée : une famille drôme-ardéchoise qui se dit victime d'un fouinard. Trois femmes semblent visées. L'une d'entre elles a quitté la région et habite Versailles, à quelques pas du château. Les deux autres s'apprêtent à ouvrir un hôtel à Vallon-Pont-d'Arc.
Qu’est-ce qu’on peut bien chercher, si méticuleusement, sans rien déranger, dans les logements respectifs de ces trois femmes ? L'une d'entre elles ne le saura jamais et trouvera la mort à Beauvallon. Qui est le meurtrier ? Le cambrioleur qui sévit dans la région ? Un maniaque ? Un chercheur de l'art pariétal ? Un amateur d'objets d'art ou d'antiquités ? Grâce aux besoins de l'enquête, Lili Klême ira de Beauvallon à Vallon-Pont-d'Arc, puis à Versailles, non sans avoir célébré le carnaval d'Etoile.


D’origine belgo-navarraise, agrégée d’espagnol puis, cadre de l’éducation nationale, Caroline Pesch vit dans la Drôme depuis vingt-et-un ans. Lectrice éclectique, elle apprécie les aventures policières, les narrateurs un peu décalés et s’intéresse également aux particularismes linguistiques de la Drôme et de l’Ardèche. Ainsi, son personnage se plaît à incorporer quelques expressions régionales dans un polar fait pour distraire, amuser, nourrir le lecteur. Lili Klême est également une lectrice d’aventures policières et se laisse manifestement influencer par le privé de Manuel Vázquez Montalbán… Après le succès de Meurtre à Etoile, voici son deuxième roman policier.

200 pages 13 euros


« LILLI EST ENCORE SUR LA BRÈCHE ET ON SE RÉGALE », RENÉ SAINT-ALBAN.

DANS LA MÊME COLLECTION (PAR ORDRE DE PARUTION) :

26 MEURTRE(S) À... JAUJAC, RUOMS, VALENCE, LES VANS, ANNONAY, AUBENAS, NYONS, CRUSSOL, PRIVAS, DAVÉZIEUX, PEYREBEILLE, MONTÉLIMAR, CHOMÉRAC, CREST, TOURNON, VALS-LÈS-BAINS, ALISSAS, ROMANS, COUX, THUEYTS, BOURG-LÈS-VALENCE, VALLON-PONT-D’ARC, DIE, DANS LES BARONNIES, ETOILE, ROCHEMAURE ...

extrait du livre

CHAPITRE I

 

- " C'était bien chez Laurette, on y retournera, pour ne pas l'oublier, Laur… ". Liline ? Ah mais, tu as décroché ? C'est mamá. Mets vite la chaîne 404. Y'a une émission à propos du chanteur qui est mort. Le chanteur Michel. Pas celui qui montre son derrière. L'autre !
Je remerciai ma mère et éteignis rapidement mon portable.
- Rien de grave ? me demanda mon supérieur hiérarchique.
-Non, répondis-je à l'homme qui me faisait face. Juste l'appel d'une dame à la retraite. Depuis suffisamment longtemps, pour inviter sa fille à regarder la télé, à onze heures du matin.
- Ah, la retraite ! Nous n'y sommes pas encore ! dit Lebraz en soupirant.
L'impatience d'arriver à l'automne de la vie m'a toujours interrogée. Mais ce matin-là, je me surpris à ne pas réprouver l'envie de retraite de mon interlocuteur. C'est qu'il me parut soudain plus facile d'informer Paul Lebraz de mes projets.
- Alors, Coraline, de quoi vouliez-vous me parler ? me demanda-t-il.
- De reconversion.
- Le nouveau terme à la mode ! Une véritable épidémie. Avec Duchemin, cela nous en fait quatre. Ça va du " Je veux me rendre utile " à " Je veux faire quelque chose de mes mains, quelque chose de concret ". Dans moins de deux ans, vous verrez. Ils reviendront, la queue entre les jambes, redemander du boulot à notre belle administration.
- Sans compter " le Kid " qui demande un congé sabbatique pour aller vivre en Nouvelle Zélande.
- Ça c'est la tuile ! répondit Lebraz. Depuis son arrivée dans le service, ça tourne et l'ambiance est au beau fixe.
Je pensai en souriant au jeune et sympathique Gaétan et à sa passion pour les voitures miniatures rouges. Pour combattre le stress, il avait pour habitude de les faire rouler comme un enfant. D'où son surnom.
- Une année, ça finit par passer. Il finira bien par revenir.
- Ou pas ! rétorqua Lebraz. Aussi bien, il se trouve la femme de sa vie et reste en Nouvelle Zélande.
La suite donna raison à mon supérieur hiérarchique. Un an plus tard, Gaétan s'installait définitivement à Wellington.
- Et donc, Coraline, vous avez reçu nos quatre candidats à la reconversion ? Vous avez fait le point ? Vous avez réussi à les faire changer d'avis ?
- Pas exactement. Je dirais même que j'ai échoué lamentablement. Bernadette est bien décidée à travailler la terre ! Elle a l'intention de faire pousser des céréales et des asperges. En fait, les quatre remplissent les conditions règlementaires. Ils ont effectué leur bilan de compétences et nous allons devoir lancer leurs congés de formation professionnelle.
Lebraz laissa échapper un soupir.
- Il n'y a plus qu'à se résigner. Ce n'est pas grave et …
- Paul, moi aussi j'envisage de me reconvertir, lâchai-je.
Mon interlocuteur en resta coi. Il me fixa comme pour s'assurer que j'étais bien en train de plaisanter.
- Je vous parle sérieusement, lui dis-je, pour couper court à toute interprétation erronée.
Je rappelai à mon chef qu'il m'avait embauchée à titre provisoire, pour remplacer le titulaire du poste.
- Mon adjoint ne s'est plus jamais manifesté ! A ce qu'il paraît, il louerait des voiliers à la Grande Motte. C'est même Duchemin qui me l'a dit.
- Dans ce cas, nous en sommes à cinq reconversions. Sans compter la mienne, dis-je.
- Mais enfin, Coraline ! Ne faites pas cette sottise. Sans vous et sans le Kid, le service ne va plus tourner du tout ! Vous voulez vendre des bateaux, vous aussi ? Planter des salades ?
- A vrai dire, Charles me verrait bien le rejoindre dans son agence immobilière…
Et me laisser gérer les affaires courantes avec monsieur Merlin pendant qu'il s'adonne à sa passion pour l'histoire et la philosophie, pensais-je. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, sécurité de l'emploi, indépendance financière et liberté de la femme me vinrent à l'esprit. Mon chef et moi échangeâmes quelques platitudes pour donner le change. Nous nous quittâmes sur la promesse que je ne ferais rien d'incon-sidéré. On était vendredi et je ne travaillais pas l'après-midi. Autant dire que mon week-end allait bientôt commencer.

A midi, je rentrai à la maison. Au rond-point de Beauvallon, je vis le panneau qui annonçait le marché saisonnier des petits producteurs. Comme on était vendredi, justement l'un des trois jours où il a lieu, je me promis d'essayer d'aller y faire un tour. Il faut attendre le coup de sifflet pour que ce petit marché de gros devienne un marché de détail. Alors seulement, les particuliers peuvent aller faire leur emplettes et remplir leurs paniers de produits locaux : aulx, cerises, melons, asperges, abricots, salades et toutes sortes de produits de saison. Au virage de la Pauze et le Truc, une voiture qui roulait au milieu de la départementale m'évita de justesse. Je laissai échapper un bon juron. Un peu plus loin, près d'un arbre qui bordait le fossé, mon regard se posa sur une balise du tracé du pipeline Méditerranée-Rhône. Charles y fait allusion de temps en temps et m'a expliqué qu'il passait près de la maison. Je croisai aussi un joggeur qui courait comme un canard et pas du bon côté de la route. Je le traitai de crétin. Puis, je rendis justice à son courage en me disant que j'étais bien incapable d'en faire autant. En fin de compte, je me ravisai et me dis que c'était bien un crétin. Il n'était pas indiqué de courir par ce cagnard à midi. Ils l'avaient suffisamment dit et redit à la radio.

Charles avait une visite à faire et avait emporté un sandwich. Moi, j'avais rendez-vous chez le coiffeur. Dans la cuisine, je pris le reste de haricots verts frais cuisinés la veille, coupai deux pommes de terre cuites, fis revenir quelques lamelles de lard, coupai une échalote et assaisonnai le tout d'huile de pépins de raisins et de vinaigre balsamique. J'allai déguster ma salade liégeoise sous la pergola. Le son d'un canon anti-grêle retentit au loin, près des arbres fruitiers. Ce printemps 2017, à Etoile, tout le monde scrutait le ciel. L'été avait pris de l'avance et il faisait vraiment chaud. Mais on annonçait des ondées pour le lendemain. Or le lendemain, ce serait le premier week-end du mois de juin, le week-end du corso d'Etoile que beaucoup attendaient. Je jetai un coup d'œil à mon portable et vis une notification d'appel en absence. Le numéro commençait par 04 75. Il s'agissait donc d'un appel de la région. J'allais écouter le message lorsque la sonnerie retentit. Je répondis immédiatement.
- Ewen, tu as compté les kayaks ? Il ne manquerait pas un biplace, des fois ?
- Qu'est-ce que tu dis ? demandai-je. J'avais cependant parfaitement reconnu la voix d'Amaury, mon fils.

- Salut M'man. Je parlais à un aide mono.
- Oui, je m'en suis doutée. Alors ? Tout se passe bien ? Tu as beau temps en Bretagne ?
- Oui et cet après-midi, je m'occupe d'un stage " de la mort ". C'est une expression pour dire qu'on accueille des durs. La mer moutonne, y'a du vent et ça va un peu tabasser. Tant mieux. Ça permettra de faire de la maîtrise de coque. Et à Etoile, ça va ?
- A Etoile, il fait chaud comme en plein mois d'août et ce week-end, c'est le corso, dis-je, un pincement au cœur. Suivant son habitude, Charles peu adepte des fanfares, des paquitos, des confettis, de la foule, de toutes ces choses qui transforment la vie en plus grand cabaret du monde, ne m'accompagnerait pas pour voir passer les chars. Quant à notre fils, il n'avait plus l'âge d'aller à la pêche aux canards. Il vivait désormais à Porzh Gwenn et travaillait à l'année, à l'école de voile.
- M'man, tu vois qui est Robert ? Il va bientôt prendre sa retraite. Ils vont avoir besoin d'un nouveau moniteur.
De toute évidence, Amaury projetait d'avoir la place. Une certaine Nolwenn Le Camlez n'était pas étrangère au projet de mon fils. Son brevet, l'appui du directeur et son sérieux rendaient le projet parfaitement envisageable. Après cet échange avec Amaury, machinalement, je me remis à manger ma salade liégeoise. Puis je me mis à penser au fait que j'étais en train d'en manger. Je me demandai depuis quand cela ne m'était pas arrivé. Peut-être en avais-je mangé la dernière fois en compagnie de mon père. Depuis quelques mois, l'envie me prenait parfois de l'appeler. La même chose s'était produite avec ma tante d'Espagne. Je projetais de téléphoner parce que j'avais quelque chose à leur dire ou bien un truc à leur demander. Je réalisais que c'était impossible : l'un comme l'autre sont décédés. Pour chasser une mélancolie naissante, je décidai de m'intéresser au message laissé sur ma boîte vocale. Je fis la moue. Il s'agissait de mon troisième cocu : " Madame Klême, bonjour, c'est moi. Alors, c'est d'accord ? Vous acceptez de filer ma femme, hein ? Bon, ben, je vous rappelle plus tard… ". Le cocu de Montélimar ! Je l'avais presque oublié, celui-là. J'avais enregistré les numéros des deux autres dans mes contacts afin de ne plus me laisser surprendre. J'enregistrai également celui du troisième. Je décidai de l'appeler après avoir bu un café. J'en pris trois. Je me remémorai l'argumentaire que j'avais préparé pour ne pas donner suite et pensai à la façon dont j'avais congédié les deux autres. " Je suis spécialisée dans les affaires financières " avais-je dit au premier. Il m'avait appelée au moment où je passais devant la maison de la presse, non loin du kiosque Peynet, à Valence. Un scandale financier à la une des journaux m'avait permis d'improviser cette excuse bidon. L'homme ne s'était plus manifesté. S'il montre autant d'entrain pour garder sa femme que pour m'avoir comme détective, je comprends qu'il soit cocu, m'étais-je dit. " Vous comprenez, le Vercors, ce n'est pas mon secteur ", avais-je lancé au second. " Mais ma sœur dit que vous adorez faire de la route ! " avait-il rétorqué. " Oui, mais je ne sais pas conduire en montagne et ma voiture souffre dans les virages " avais-je expliqué. Pour me débarrasser du troisième, j'avais conçu de mentir par inversion : je jouerais la détective qui songe à se reconvertir dans quelque administration. J'attrapai mon portable, bien décidée à appeler le type de Montélimar, mais la sonnerie retentit à nouveau. Encore un numéro inconnu. Un 04 75. Je fis la moue. Vous alliez voir que c'était un quatrième cocu.
- Allô ! Madame Klême ?
- Elle-même, dis-je.
- Mon nom ne vous dira rien, Je m'appelle Géraldine Decoste. Je me permets de vous appeler. C'est madame Grawscki qui vous a recommandée.

- Madame Grawscki ?
- Oui. La femme d'un gendarme qui vous connaît.
L'adjudant-chef n'avait plus de femme ! Si lors de notre première rencontre, Grawscki n'avait pas eu son pareil pour m'agacer, par la suite, il s'était considérablement rattrapé. Aussi, par amitié et par discrétion, je m'abstins de dire à la menteuse que madame Grawscki s'était barrée, depuis belle lurette.
- Elle fait du fitness avec moi, à Etoile, tous les mardis. Elle dit que son mari ne tarit pas d'éloges à votre sujet et que vous êtes la personne qu'il nous faut.
- Vraiment ! fis-je.
Je ne pus m'empêcher de savourer ces propos. Puis ça me fit le tour ! Comment cette femme et les trois cocus s'étaient-ils procurés mon numéro de portable ? Je ne manquai pas de poser la question à la menteuse.
- Mais c'est monsieur Grawscki qui l'a donné à sa femme ! me répondit mon interlocutrice.
J'eus soudain la conviction que la femme ne mentait pas. Je ne saurais dire ce qui m'étonna le plus. Que la femme se fût rabibochée avec son militaire de mari ou que ce dernier me recommandât.
- Et que puis-je faire pour vous ? demandai-je.
- C'est pour une enquête. Je voudrais vous rencontrer pour en parler.
Je répondis par l'affirmative après avoir regardé l'heure. J'étais presque en retard à mon rendez-vous chez le coiffeur. Je calculai que j'en aurais bien pour deux heures trente. Le temps de faire les racines, de revoir ma coupe au carré et de faire un brushing.
- Merci Madame Klême. Ça vous dérange, si je viens avec mes deux enfants ?
Nous convînmes de nous retrouver chez moi en fin d'après-midi. Avant d'aller me faire bichonner la tête, j'appelai le cocu de Montélimar. Je lui demandai comment il s'était procuré mon numéro de portable.
- On m'a dit que vous étiez la femme du patron de l'agence Klême d'Etoile. C'est monsieur Merlin qui me l'a donné.
Ainsi, l'employé de Charles jouait les secrétaires. Voilà qui me souffla un meilleur argument pour me débarrasser du cocu numéro trois.
- Je suis désolée monsieur, mais voyez-vous, je travaille seule, sans associé ni véritable secrétaire. Là, je suis sur une affaire qui me prend tout mon temps.
Je ne croyais pas si bien dire. Grâce à Géraldine Decoste, ce mensonge n'allait pas tarder à ne plus en être un.

 

 

 

 

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